Laiton

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Laiton

Message  Alex-v. le Ven 10 Aoû - 22:48

D'après Salin,

extraits:


<< les laitons, c'est à dire des métaux correspondant a l'orichalque des Anciens, et, au sens ou nous l'entendons aujourdhui, à des alliages séléctionnés de Cu et de Zn, ne semblent avoir été employés à l'époque mérovingienne que pour certaines catégories bien définies d'objets ayant un caractère ornemental et fabriqués au moyen de faibles quantités de métal.
C'est que la métallurgie du laiton est fort difficile et qu'il s'agissait certainement, au temps qui nous occupe, d'un métal coûteux. Mais ce métal demeurait, bien entendu, moins cher que l'or et c'est par lui, si l'on en juge d'après le mobilier funéraire, que l"on s'est forcés de remplacer l'or, surtout, du moins, à partir du VII°, c'est à dire à partir du moment ou la pénurie de métal précieux se fait sentir de plus en plus dans l'économie, cependant que se manifestait le souci d'industrialiser, afin de les mettre à la portée d'usagers qui les réclamait en foule, des fabrications dont la vogue devenait extrême.

Le "faux or" était d'ailleurs connu et apprécié depuis longtemps par les germains.
J'ai tout lieu de supposer que les monnaies, les bracelets et les garnitures de ceinturon imitant parfaitement l'or dont, alléguant que l'or faux était suffisant pour rémunérer des traîtres, Clovis se servit pour payer les leudes de Ragnacaire qui l'avaient trahi à son profit et, de même, que les tablettes de bronze gravé, vendues pour de l"or par des Saxons venus en Auvergne, n'étaient pas autre chose que du laiton brillanté.
(On sait que de nos jours on donne au laiton une belle couleur or par décapage dans un bain à 10% de sulfate ferrique, suivi, après rinçage, d'un brillantage par courte immersion dans un m"lange à parties égales en poids d'acide sulfurique et nitrique, suivi lui même d'un lavage a l'eau froide puis à l'eau chaude.)

L'habileté des artisans mérovingiens à brillanter le laiton permet de supposer qu'ils disposaient, en l’occurrence, comme dans bien d'autres cas, de procédés empiriques aussi efficaces que ceux de notre moderne science.
Et il me parait vraisemblable que les divers objets dont il va être question (du moins les plus précieux d'entre eux) étaient brillantés afin d'arriver à des effets analogues à ceux que l'on recherche aujourd'hui en matière de bijouterie à bon marché.
Ces objets sont des fibules étampées, des fils servant à incruster les damasquinures, quelques placages, des bossettes de plaques de ceinture ou de boucliers, des boucles de ceinture ou de baudrier.
Une telle énumération suffit à montrer que, dans beaucoup de cas, les laitons ont étés employés par des artisans qualifiés, dont la profession se rapprochait de celle de l'orfèvre.>>





<< Fils d'or d'incrustation des damasquinures:

Leur couleur jaune d'or les a fort souvent fait prendre jadis pour de l'or.
En fait, l'or n'a été, en l’occurrence, rencontré qu’ exceptionnellement, par exemple sur les terminaisons de courroie de la ceinture de la sépulture 27 de Beringen, et, tout récemment, sur une très belle plaque-boucle du VI° du musée de Rouen.

Les deux séries d'analyses sur lesquelles je me fonde, ici, pour étudier ces fils portent sr des échantillons provenant des régions suivantes: Oise, Aisne, Aube, Haut-Rhin.
[...]
L'amplitude relativement faible des variations de la teneur en Zn est remarquable, tenu compte des possibilités du temps en matière de métallurgie.
Par ailleurs, les teneurs aussi élevées sont fort difficiles à obtenir par cémentation, seul procédé qui doive, semble-t-il, être envisagé.
Les impuretés renfermées par ces échantillons étaient: Fe, Pb, Sn, Ni, Ag, avec des traces d'arsenic, de Mn, Si et P.
Remarquez que l'étain ne figure qu'a l'état d'impureté, il s'agit bien de laitons véritables.
Ces laitons sont voisins de notre alliage U.Z.28, le laiton à cartouches, dont on sait qu'il est de couleur jaune d'or et, en outre, apte à subir à froid, sans craquer, des déformations considérables.>>





<< Nature des damasquinures mérovingiennes:

Les matériaux employés, à l'époque mérovingienne, pour damasquiner étaient essentiellement l'argent, utilisé en fils pour l'incrustation et, surtout, en feuilles pour le placage; celles-ci sont relativement épaisses (0.2 - 0.4 mm) sur des damasquinures du V°, nettement plus minces au VII°/VIII° ( <0.2mm, il est difficile d’apprécier exactement l'épaisseur de feuilles d'argent, parce qu'elles ont subi à la fois l'usure résultant de l'emploi normal de l'objet qu'elles décorent et la corrosion depuis leur enfouissement.)
Les analyses qualitatives effectuées sur plusieurs de ces feuilles témoignent qu'elles renfermaient une certaine quantité de Cu, il s'agit probablement d'ne addition intentionnelle de nature à rendre le métal plus ductile.
[...]

Rarement en usage pour le placage, le laiton qui joue l"or fut, au contraire, extrêmement employé pour l'incrustation, il décore en particulier les réserves ménagées dans le placage d'argent, il était également souvent employé à décorer les bossettes qui servaient à la fois à fixer les plaques et à les orner.>>




Image de placages d'argent et de laiton:

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